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Jean-Marie PELT : l'hommage des enseignants-chercheurs

Jean-Marie Pelt a enseigné, à la Faculté de Pharmacie de Nancy, la botanique et la matière médicale. STOLON et l'AFERP (Association Francophone pour l'Enseignement et la Recherche en Pharmacognosie) lui rendent hommage ici.

Jean-Marie Pelt a été le premier président de l'association STOLON, Association des enseignants-chercheurs des sciences végétales et fongiques des facultés de pharmacie de langue française. Il a été l'invité d'honneur des XXèmes journées Stolon, organisées à Nancy en septembre 2010.

Lors de ses vœux aux membres de STOLON, l’actuel président, Yves-Francois Pouchus, professeur de mycologie et botanique à la Faculté de Pharmacie de Nantes, écrivait :

« …Mais en attendant c'est une bien triste nouvelle qui nous a secoué en cette période de fêtes. Vous l'avez sans doute appris, notre Président honoraire Jean-Marie Pelt nous a quitté le 23 décembre dernier à 82 ans. Il avait été le Président de STOLON pendant de nombreuses années et avait su fédérer les forces vives de la botanique et de la mycologie pharmaceutique. Nous nous souvenons encore de ses interventions fabuleuses avec sa voix si particulière. Quel que soit le sujet, il savait envouter son auditoire. Personnellement, je me souviendrai toujours des deuxièmes journées STOLON qu'il avait organisé à Metz dans son cloître de Récollets. J'avais eu la chance à mon arrivée à Metz, avec les autres nantais, qu'il nous attende à la gare. Il nous avait fait faire une visite privée, avec lui comme guide, de sa ville dont il était alors adjoint aux grands travaux. Ça avait été un grand moment.

Aujourd'hui la botanique en générale et la botanique pharmaceutique en particulier sont en deuil. Faisons-lui honneur en portant haut et en défendant nos disciplines qui restent un des fondements de la pharmacie. »

Marie Aleth-Lacaille Dubois, présidente de l’AFERP, professeur de pharmacognosie à la Faculté de Dijon :

« La pharmacognosie ne peut manquer de rendre hommage à ce brillant collègue qui a su mettre en lumière les plantes et leurs activités, sous-tendues par leur chimie si particulière. Auteur de nombreux ouvrages sur les plantes, il était en outre un orateur et pédagogue passionnant et a transmis son savoir lors de nombreuses conférences ou émissions de radio et de télévision. Fervent défenseur de la nature et du monde végétal en particulier, il a aussi beaucoup œuvré pour l’écologie, notamment à Metz où, en tant qu’élu, il fit créer l’institut Européen d’Ecologie. L’AFERP adresse à ses proches ses plus sincères condoléances ».

David Garon, professeur de botanique et mycologie à la Faculté de Caen :

« En ce début d'année, mes pensées vont tout particulièrement à Jean-Marie Pelt, amoureux et défenseur de la botanique et de la nature.

Il avait récemment préfacé notre ouvrage sur la biodiversité et le monde vivant, et nos échanges furent un moment important et marquant. Il était riche de connaissances mais avait aussi développé une véritable pensée sur le monde qui nous entoure. Il aura ainsi beaucoup contribué à la diffusion des sciences végétales et plus largement des sciences du vivant auprès de nombreux lecteurs et publics très variés.»  

Frédéric Dupont, professeur de botanique à la Faculté de Lille :

«… Evidemment je suis d'autant plus peiné que j'ai eu la chance d'avoir eu deux longues discussions à table avec Jean-Marie Pelt. Je le questionnais notamment sur sa façon de se documenter pour écrire ses livres. C'était aussi le préfacier régulier des différentes éditions de l'abrégé de botanique, dont la dernière. J'ai d'ailleurs téléphoné immédiatement à Jacques Fleurentin pour savoir s'il avait bien reçu la nouvelle édition.
Evidemment, je buvais les paroles de Jean-Marie Pelt comme du petit lait, notamment le samedi sur France-Inter, j'ai bien sûr lu la plupart de ses livres.
C'est l'un des rares scientifiques possédant une culture classique qui émaillait ses écrits d'anecdotes, en particulier mythologiques.
On n'en fait plus beaucoup des comme ça aujourd'hui !!
Bien noire année 2015 pour la botanique après Aymonin et d'autres piliers.
Où sont les piliers se demandait-on hier avec Régis ?
(Courtecuisse ndr)
Bon, Jean-Louis Guignard est encore là : sa colonne ne tient plus très fort mais son chapiteau est encore intact !
Pour Jean-Marie Pelt, c'était un peu la même chose, le corps ne suivait plus qu'en chaise roulante depuis un an, m'a précisé Jacques Fleurentin, mais le cerveau fonctionnait encore à 200 à l'heure : il préparait encore un livre (comme chaque année) et en plus, sa biographie.
De quoi est mort notre héros ? Souffrant du dos, il devait être opéré pour consolider des vertèbres et n'a pas supporté l'anesthésie : le cœur a lâché.

Notre porte-drapeau national de la botanique est parti, qui le remplacera ??

J'en veux à la télévision d'avoir passé sous silence cet évènement...
Mauvaise fille à la mémoire courte qui a oublié l'auteur si médiatisé de l'aventure des plantes ! »

Joël Boustie, professeur de pharmacognosie à la Faculté de Rennes :

« Il était proche des gens, simple et nous était spontanément familier, pas seulement par sa voix et ses qualités de conteur. Il a remarquablement incarné l'interdisciplinarité (voir les sujets de ses deux thèses) et su stimuler la curiosité scientifique de beaucoup. Il est vrai qu'il va être aujourd'hui difficile de trouver un scientifique disponible pour partager une aussi grande culture avec autant d'esprit et d'humanité. Je peux témoigner que son écoute sur les ondes ou en conférence a été pour moi un élément très important. Beaucoup de plaisir à l'entendre et une phrase fondatrice: "Dans la nature, c'est aux interfaces que les choses les plus intéressantes se passent". A mon premier cours de l'année, j'ai demandé aux étudiants "Qui connait Jean-Marie Pelt?". Aucun n'a levé le doigt (ils n'étaient pas très nombreux...). Cela m'a d'abord contrarié puis je me suis consolé en me disant que c'était à nous de faire l'interface. Il faudra sans doute prendre des voies indirectes, utiliser les supports disponibles, témoigner .
Je ne doute pas que son regard sensible et pertinent est une graine qui traversera le temps.
Une sincère reconnaissance à Jean-Marie Pelt
 »

Florence Chapeland-Leclerc, maître de conférence en botanique et mycologie à la Faculté de Paris Descartes :

En ce qui me concerne, il a une place particulière dans mon enfance car ma mère l’écoutait religieusement sur France Inter dans les années 80. Elle m’enregistrait ses émissions sur cassettes et on les réécoutait ensemble le soir. Je pense que tous les deux sont pour quelque chose dans mon petit périple professionnel !! Bref, ils ont tous les deux disparu et cela me restera ! C’est important ces souvenirs-là ….